L5I60522 - Décompositions et recompositions des organisations et des - Cours magistral

Décompositions et recompositions des partis et milieux sociaux-démocrates en Europe de l’Ouest

Chaque année, ce séminaire aborde un thème différent qui éclaire un aspect des mutations qui affectent les organisations et les milieux partisans, c'est-à-dire les réseaux qui ancrent les partis dans la société et les institutions publiques. La perspective est résolument comparative, même si elle privilégie le cadre européen.

Le principe est d’explorer ensemble un pan des recherches contemporaines de ce sous-champ de la science politique, en vous faisant lire et discuter des textes en présence de chercheurs et chercheuses invité.e.s les ayant produits ou les connaissant bien. 

Cette année le thème retenu porte sur les transformations ayant affecté les partis et milieux sociaux-démocrates. Cette question est d'une actualité brûlante concernant la France où le Parti socialiste a connu en 2017 une débâcle électorale, mais aussi programmatique et militante, dont il peine à se remettre. Une telle débâcle n'a comme seul précédent que celle qu'a connue le PASOK en Grèce en 2012, dans une situation économique et financière sans commue mesure. Faut-il considérer que le sort du PS français est une exception ou annonce-t-il des lendemains qui déchantent pour les autres partis issus de la matrice social-démocrate (le parti travailliste en Grande-Bretagne, les partis sociaux-démocrates suédois, norvégiens, danois, allemand, autrichien, belge, néerlandais) ou les partis socialistes d'Europe du Sud (PSOE en Espagne, PS portugais) ?

La question de la crise de la social-démocratie dépasse en effet largement le cas français. Cette question a été posée dès les années 1970, au moment où les économies européennes se retrouvent confrontées à la stagflation, au reflux de la combativité syndicale et à la montée des idées et recettes néo-libérales, mais aussi, à l'émergence de nouvelles revendications exprimées par les nouveaux mouvements sociaux portées pour l'essentiel par des étudiants et des membres des classes moyennes salariées travaillant fréquemment dans les secteurs de l'enseignement, de la culture, et du social, ceux que Hanspeter Kriesi qualifie de "spécialistes socio-culturels". Ces partis issus du mouvement ouvrier, encore pour la plupart très ancrés électoralement dans les ouvriers d'industrie et proches des organisations syndicales, sont alors vus comme menacés dans leurs fondements. La désouvriérisation, la montée d'aspirations post-matérialistes, puis l'insoutenabilité de la croissance des dépenses publiques du fait d'une interdépendance croissante des économies et de l'augmentation des demandes d'intervention publique tous azimuts, se traduisent d'une part par l'émergence d'une nouvelle gauche (écologiste et de sensibilité libertaire) et d'une nouvelle droite (très libérale sur le plan économique et sociale et très conservatrice en matière de moeurs et droit des étrangers).

Pour autant, celles et ceux qui annonçaient la disparition des partis sociaux-démocrates ont été démentis par les faits. Les années 1980-2000 les confortent comme partis de gouvernement. La progression des partis écologistes est moindre qu'attendue. Les partis semblent avoir réussi à s'adapter. Pour beaucoup cette adaptation est passée par l'abandon de leur référentiel keynésien, et par l'ouverture aux aspirations plus culturelles d'autres groupes sociaux. Les sociaux-démocrates ont-ils pour autant abandonné la "classe ouvrière" et renoncer à leurs principes fondateurs (attachement à l'égalisation des droits et des conditions, à la redistribution des richesses, en même temps qu'attachement à la démocratie) ? Se sont-ils alignés économiquement complètement sur les libéraux ? Comment expliquer que certains partis sociaux-démocrates ont mieux résisté que d'autres ? Ont-ils perdu tout crédit parmi les classes populaires salariées ? etc. 

Après une première séance introductive qui reviendra en détail sur le cadre général esquissé ici, nous examinerons ces questions et quelques autres à la lumière d'analyses comparatives, d'études de cas nationales (Belgique, Grande-Bretagne, Suède et France) au cours de 9 séances de 3 heures bâties autour d'un.e ou de deux invité.e.s.

Ces séances démarreront par un exposé de trente minutes préparé par un.e ou deux d'entre vous à partir de la bibliographie indiquée. Chaque exposé devra ensuite être transformé en un document écrit de 15-20 pages remis à la fin du semestre tenant compte de la discussion. C'est ce double travail (oral et écrit) qui servira à évaluer le séminaire.


Informations sur l'espace de cours

Nom Décompositions et recompositions des organisations et des
Nom abrégé UP1-C-ELP-L5I60522-01
EnseignantsSawicki Frederic
Groupes utilisateurs inscrits Consultation des ressources, participation aux activités :
  • [2022] UFR 11 - Matière (M2-S1) : Enseignement des M2 science politique (groups-matiL5I21722-2022)
Consultation des ressources uniquement : aucune cohorte inscrite.

Rattachements à l'offre de formation

Élément pédagogique UP1-C-ELP-L5I60522 - Décompositions et recompositions des organisations et des
Chemin complet > Année 2022-2023 > Paris 1 > Science politique > Master 2 indifférencié TDC - Enquêtes, études, expertise > Semestre 3 EEE > UE1 Enseignements de spécialité > Décompositions et recompositions des organisations et des