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K5R50915 - Métaphysique - Cours magistral
Le « monde » fait partie de ces concepts encombrants qui éveillent immédiatement le soupçon de métaphysique. Et en effet, outre que ce concept est bien inscrit dans l’histoire de la métaphysique, comme un de ses objets « spéciaux », il est vrai qu’une certaine figure de celle-ci pourrait s’identifier à la posture d’une philosophie qui précisément prétend dire « le monde », comme s’il y avait un point de vue, caché au profane, depuis lequel celui-ci deviendrait éminemment dicible – surtout depuis que la philosophie aurait renoncé à, ou se serait libérée de, cette interprétation du métaphysique suivant laquelle celui-ci consisterait précisément à chercher au-delà du monde. Dès lors, avec la posture énonciative du métaphysicien, il est tentant de révoquer le monde aussi. Aussi, la pensée contemporaine semble-t-elle être caractérisée par la mise en avant d’une contrainte de localité : la vérité serait énonçable, et la réalité rencontrable, seulement dans une situation, un contexte, un certain « champ de sens ». Emblématique de cette tendance est aujourd’hui l’ontologie du philosophe allemand Markus Gabriel, qui prétend développer un nouveau réalisme « sans monde ». Or, dans l’expérience d’une situation historique dans laquelle ce qu’on appelle « monde », en différent sens et à différents niveaux, de la crise politique à la crise écologique, semble faire entendre de dangereux craquements, nous sommes dans la situation de découvrir deux choses à la fois : les limites de ce concept certainement, qui n’est précisément peut-être pas en mesure de nous permettre d’appréhender la crise actuelle ; mais aussi, tout aussi fortement, son besoin. Sommes-nous prêts à nous passer du monde ? Et s’il y a lieu de renoncer au type de confort, avec son implicite de violence et de domination, que pouvait impliquer son présupposé, est-il souhaitable, et/ou possible, de congédier l’exigence d’un (autre) monde ? Traiter la question dans les termes d’un seul déplacement du théorique, ou du métaphysique, vers le pratique et politique – un concept pourrait être inutile sur un terrain et demeurer tout à fait nécessaire sur l’autre – certainement ne suffit pas. Une telle feinte ne ferait que masquer ce qu’il peut toujours aussi y avoir de métaphysique dans la pratique et la politique. La question du monde, aujourd’hui, est de celles qui nous installent à cette intersection et, pour ainsi dire, à la croisée des chemins.
Informations sur l'espace de cours
| Nom | Métaphysique - Peut-on se passer du monde ? |
| Nom abrégé | UP1-C-ELP-K5R50915-07 - Peut-on se passer du monde ? |
| Enseignants | Benoist Jocelyn |
| Groupes utilisateurs inscrits | Consultation des ressources, participation aux activités :
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Rattachements à l'offre de formation
| Élément pédagogique | UP1-C-ELP-K5R50915 - Métaphysique |
| Chemin complet | > Année 2026-2027 > Paris 1 > Philosophie > Master 2 Recherche Philosophie Contemporaine > Semestre 3 > UE1 Approfondissement du parcours > Parcours Art, éthique et religions > 1 séminaire option philosophie analytique et phénoménologie > Métaphysique |
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