Le plaisir est-il le bien ? Peut-on vraiment être heureux sans plaisir ? Le problème de l’hédonisme traverse la philosophie antique de Platon à Épicure. Il s’agira dans un premier temps de voir comment Platon pose cette question dans le Protagoras, le Gorgias, au livre IX de la République, et enfin dans le Philèbe, d’une part pour démontrer que le plaisir n’est pas le bien, et d’autre part pour montrer dans quelle mesure seuls certains plaisirs peuvent être dits « bons ». Car, si la vie bonne n’exclut pas le plaisir, ce dernier n’en est cependant ni la cause ni le principe constituant. Nous verrons ensuite comment la position platonicienne sera discutée dans l’Académie par Speusippe et surtout par Aristote dans l’Éthique à Nicomaque (EN VII 11-14 et X, 1-5), mais aussi – plus radicalement – dans la philosophie d’Épicure dont l’hédonisme peut être interprété comme une réponse consistante à la position platonicienne.