Semestre 1 : Philosophie générale – mercredi de 11h à 13h.

Fabien Delrue

 

La force de l’habitude.

L’habitude désigne généralement un comportement individuel ou collectif acquis par la répétition d’une action. Véritable mémoire pratique, l’habitude affecte nos actions, nos pensées, nos manières de sentir qui deviennent « par habitude » machinales, automatiques. L’habitude donne alors lieu à la routine, à savoir le penchant à répéter des actions semblables au sein desquelles l’esprit, la volonté ou encore la vitalité tendent à s’absenter. Vie sans sujet, l’habitude nous condamne ainsi à l’inertie, à la monotonie du quotidien, à la lassitude rendant nos actions insignifiantes, même celles qui visent à briser nos habitudes. La force inhérente à l’habitude se révèle alors dans la difficulté souvent insurmontable de rompre avec nos habitudes.

Cependant, que seraient nos vies sans habitudes ? L’habitude nous permet d’habiter le monde en assurant la trame de nos existences. Sans habitudes, nos vies seraient condamnées à un exil perpétuel. Loin de nous confiner dans la passivité, l’habitude est une disposition active d’adaptation, d’ajustement au milieu naturel et social voire de création qui augmente notre sagacité et rend nos actions plus faciles à exécuter.

L’habitude est-elle alors une force qui entrave notre liberté ou est-elle ce qui rend possible l’effectivité du vouloir ? Faut-il céder à la facilité que nous confèrent nos habitudes ? S’appuyant sur un corpus philosophique et sociologique, le cours visera à élucider l’ambiguïté de cette force de l’habitude.