Chiara Palermo M1 S2 cours transversale jeudi 18h-20h
Ce cours sera structuré autour de deux aspects principaux : d'une part, la centralité de l'histoire et de ses récits pour la définition d'une nouvelle approche de l'environnement ; d'autre part, le lien entre l'esthétique, l'éthique et le politique dans ce domaine.
Premièrement, il s'agit de penser l'histoire non pas à partir du passé, mais par ses espaces de fiction et par ses possibilités d'avenir. Cela implique de partir d'un récit sensible capable de défaire des narrations et des savoirs acquis, et d'expérimenter de nouvelles formes de connaissance. L'art, dans ses formes littéraires, cinématographiques ou plastiques, est un instrument expressif dans lequel se constituent de nouveaux récits et se dessinent de nouvelles logiques sensibles pour penser l’histoire et son articulation à l’environnement. Ainsi, le végétal, en contexte de création décoloniale, active de nouvelles narrations à partir des archives latentes de l'environnement, où le sauvage, les « mauvaises herbes », ou « les graines » nous offrent des sources d'inspiration pour repenser de nouveaux périmètres géographiques et de nouveaux imaginaires dans une dimension anthropologique et existentielle.
Dès lors, on peut s'interroger sur le rôle d'une esthétique qui va dans le sens d'une prise en compte des multiples liens sensibles à l'environnement, à son histoire et à son développement durable. Le jugement esthétique se fabrique de manière sensible et progressive, dans le cours d'une praxis. Nous questionnons ainsi la validité du développement durable afin de repenser et de réécrire l'histoire de nos praxis en prenant en considération les rapports de pouvoir et la diversité du vivant en jeu dans le tissu social et politique de notre actualité, ainsi que leurs implications dans la production de savoirs et d'imaginaires. Nous ferons ce cheminement accompagnés de cas d’étude d’une pratique artistique transdisciplinaire.
LAGEIRA Jacinto, L'histoire sans fin de la fin de l'Histoire, de la fin de l'art et de son histoire, Milan, Mimesis, 2024
MERLEAU-PONTY Maurice, La Prose du monde, (1969), Paris : Gallimard, 1992.
GUATTARI Felix, Les trois écologies, (1989) Vrin, 2024
GUATTARI Felix, Chaosmose, Paris, Galilée, 1992 ; rééd. Paris, Éditions Lignes, 2022.
DELEUZE, Gilles, Mille Plateaux, Paris, Éditions de Minuit, 1980,
DESCOLA Philippe, La Composition des mondes, Paris : Flammarion, 2017
DESCOLA Philippe, Les Formes du visible, Paris : Seuil, 2021.
GLISSANT Édouard, Traité du tout-monde, Poétique IV, Paris : Gallimard, 1997.
GLISSANT Édouard, « Le chaos-monde : pour une esthétique de la Relation », in Introduction à une poétique du divers, Paris : Gallimard, 1996, p. 81-107.
GLISSANT Édouard, « Monde, Mundus, Mondi », in Une nouvelle région du monde, Esthétique I, Paris : Gallimard, 2006, p. 21-76.
MENGUAL Estelle, Apprendre à voir, le point de vue du vivant, Arles : Actes Sud, 2021.
- Enseignant éditeur: Palermo Chiara