Il est courant de noter la parenté philosophique entre les travaux de la première école de
Francfort et la philosophie écoféministe. La dialectique de la raison (1944) de Theodor Adorno
et Max Horkheimer jouerait à cet égard un rôle particulier. On y trouverait exprimée une théorie
critique de la domination conjointe de la nature et des femmes à l’égard de laquelle beaucoup
de théoriciennes écoféministes se seraient situées, en cherchant à prolonger ou au contraire à
dépasser ce geste inaugural. En interrogeant cette généalogie, ce cours cherchera à saisir le sens
des usages de la pensée d’Adorno et Horkheimer dans les travaux des philosophes
écoféministes Ynestra King, Carolyn Merchant et Val Plumwood. Quel est le rapport entre
domination de la nature et domination patriarcale ? Qu’est-ce qu’une théorie critique de la
domination de la nature peut nous apprendre du patriarcat ? L’assimilation de la domination
des femmes et de la nature ne risque-t-elle pas de naturaliser des formes de violence sociale et
de conduire à l’essentialisation des femmes ?
- Enseignant éditeur: Guillibert Paul