Ce cours va interroger la modernité libérale des droits en se penchant sur le changement radical qu’elle introduit dans la réflexion sur le droit par rapport aux conceptions antérieures. Alors que ces dernières étaient centrées sur la régulation du corps social et héritaient d’une conception holiste du droit, le XVIe siècle puis l’époque révolutionnaire des Déclarations de droits et des premières Constitutions écrites changent de perspective. La modernité juridique, qui a cours encore aujourd’hui, n’a eu de cesse de donner davantage d’importance aux droits individuels, et cela malgré les critiques sévères qui leur ont été adressées (ces droits sont-ils « naturels » ? illusoires ? faussement égalitaires ?). Afin de mieux comprendre les enjeux de la notion de « droits » (rights) par différence avec celle du « droit » (law), on soulignera la rupture qu’introduisent les diverses approches (la scolastique espagnole, l’école du droit naturel moderne, le contractualisme...) en s’intéressant à la figure du « sujet » en tant que titulaire de droits. Le moment de la positivation des droits civils et politiques amènera ensuite à réinterroger ce qui justifie ces nouveaux droits, considérés comme des droits subjectifs par opposition au droit objectif, et à examiner les critiques qui leur ont été adressées. Enfin, on s’intéressera aux questions soulevées par l’extension et la reformulation des droits fondamentaux aux XXe et XXIe siècles.
- Enseignant éditeur: Aubert Isabelle