
MASTER 1 – Développement et Action humanitaire (DAH)
Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne
Sociologie politique des organisations internationales (SPOI)
Nom de l’enseignant : Olivier Nay
Durée : 24h
v Présentation
Ce cours propose une introduction générale à l’analyse des organisations internationales (OI). Il vise à offrir aux étudiant·es une réflexion sur le fonctionnement des institutions multilatérales et les enjeux de coopération mondiale dans les domaines du développement, de l’humanitaire, du climat et de la biodiversité – en complément des enseignements du parcours CCI, qui portent plus spécifiquement sur la sécurité, la guerre et les opérations de maintien de la paix.
Le séminaire se déroule en trois temps distincts.
Première partie
Perspectives institutionnelles (15h)
Cette première partie du cours propose une réflexion sur la genèse et l’évolution des organisations internationales, depuis le développement du système multilatéral au 20e siècle jusqu’à ses transformations récentes dans le contexte de la mondialisation et de la naissance d’un système international post-libéral. Le séminaire aborde la diversité des modèles de gouvernance et l’intégration progressive des sphères publiques et privées, en mettant en lumière l’émergence d’un champ de coopération internationale fragmenté et polymorphe où interagissent gouvernements, institutions financières, agences techniques, organisations normatives, opérateurs privés, ONG, fondations philanthropiques, parties prenantes, représentants des sociétés civiles et des populations. Une attention particulière est portée aux défis politiques et aux enjeux de financement des bureaucraties internationales, à la montée des logiques de marché, aux nouvelles expériences institutionnelles et à la crise du multilatéralisme dans un système international de moins en moins prévisible et soumis à des crises successives.
Cette première partie du cours prend la forme d’un séminaire mené par l’enseignant, avec la participation active attendue des étudiant.es.
Description :
I. Les institutions multilatérales, des promesses universalistes de l’après-guerre aux désillusions de l’ère post-libérale.
II. Gouvernances hybrides : organisations mixtes, fonds multilatéraux et partenariats
III. Les OI et les sociétés civiles
Deuxième partie
Savoirs critiques (6h)
La deuxième partie approfondit la connaissance des OI à partir des analyses produites par les sciences sociales - incluant les relations internationales, la sociologie politique de l’international, l’économie politique internationale, l’histoire globale. Elle couvre deux séances de 3h chacune. Sur la base de courtes présentations étudiantes (10 mn, 5 diapos max.), suivies de mini-discussions collectives, l’objectif est de présenter, dans une perspective critique ou de plaidoyer, des réflexions politiques, sociales, militantes ou scientifiques en cours sur la transformation de l’espace public mondial au 21ᵉ siècle.
Plusieurs thèmes seront abordés, tels que la bureaucratisation de la vie internationale, le rôle des OI dans la décolonisation, les élites professionnelles internationales, les nouvelles règles de gestion des institutions multilatérales, le rôle du secteur privé dans la gouvernance mondiale, la tension entre science et politique, ou encore les relations entre agents internationaux et acteurs protestataires transnationaux.
Exemples de sujets :
- Des bureaucraties sous surveillance
Les institutions multilatérales sont-elles l’instrument des grandes puissances ?
- Décolonisations
Les Nations Unies ont-elles contribué à la décolonisation des rapports internationaux ?
- Lobbying global
Les COP sont-elles placées sous l’influence des grandes multinationales ?
- Philanthrocapitalisme
La fondation Gates est-elle l’amie des pauvres ?
- Consultants, experts et prestataires
McKinsey et associés : les cabinets privés sont-ils en train de dicter les réformes ?
- Contestations et résistances
Comment les mouvements sociaux transnationaux ont-ils investi les arènes multilatérales au tournant du 21e siècle
- Stratégies de cooptation
Participation et ONGisation : les acteurs de plaidoyer ont-ils été disciplinés par les bureaucrates ?
- Science et gouvernement
Le GIEC est-il une institution efficace dans la lutte contre le dérèglement climatique ?
Troisième partie
Immersion (3h)
Durant la dernière séance du séminaire, qui se tiendra peu avant Noël, les étudiant·es auront l’occasion de se rendre au siège de l’UNESCO pour une rencontre avec des spécialistes de l’organisation et de ses programmes.
- Enseignant éditeur: Nay Olivier
v Objectifs pédagogiques
De façon générale, le cours vise à :
- Étudier le rôle des OI dans le système international et leur intégration dans l’espace de la mondialisation, notamment dans la gouvernance mondiale du développement et de l’aide humanitaire.
- Analyser le fonctionnement concret des OI comme espaces bureaucratiques, politiques et sociaux.
- Étudier l’articulation entre acteurs gouvernementaux et acteurs privés dans la gouvernance mondiale.
- Comprendre les principales approches théoriques et méthodologiques appliquées à l’étude des OI.
- Développer une capacité d’analyse des dynamiques contemporaines (privatisation et financiarisation de l’aide, contestation transnationale, normes internationales).
v Compétences visées
· Connaissance de la structure des grandes institutions internationales et de leur rôle dans l’espace mondial, en particulier dans le domaine du développement.
- Capacité à analyser les pratiques et logiques internes des bureaucraties internationales.
- Maîtrise des débats sur la légitimité, la contestation et l’impact des OI.
- Aptitude à articuler savoir académique et enjeux empiriques (études de cas).
v Modalités d’évaluation
- · Participation active au séminaire, progression, implication et intégration dans le groupe : 50 %
- Présentations collectives (études de cas) : 50 %