Programme détaillé des 13 cours magistraux

Cinématographies de l’Est — Licence 3

Ce cours propose une traversée historique des cinématographies d'Europe centrale, orientale, balte, balkanique, caucasienne et ukrainienne, depuis les premières créations jusqu'aux productions contemporaines récompensées dans les plus grands festivals internationaux.

L'approche adoptée est à la fois historique, esthétique, politique et transnationale. Elle ne considère pas le « cinéma de l'Est » comme un ensemble homogène, mais comme une mosaïque de traditions nationales façonnées par des héritages historiques communs — empires, guerres mondiales, régimes communistes, Guerre froide, transitions démocratiques et intégration européenne — tout en mettant en évidence la diversité des langues, des cultures et des identités qui composent cette région.

Le cours croise l'analyse des œuvres avec l'histoire des institutions cinématographiques, des écoles de cinéma, des studios, des festivals, des politiques culturelles européennes et des réseaux professionnels. Il montre comment ces cinématographies ont contribué de manière décisive à l'évolution du langage cinématographique mondial, depuis le montage soviétique et le réalisme socialiste jusqu'aux Nouvelles Vagues, aux différentes écoles nationales, à l'animation, aux nouvelles formes documentaires et aux coproductions européennes contemporaines.

Une attention particulière est portée à la circulation des artistes, à l'exil, au cinéma réalisé par les femmes, aux échanges internationaux et au rôle du cinéma comme miroir des transformations politiques et sociales de l'Europe du XXe et du XXIe siècle.

 


CM 1 — Le cinéma de l'Est n'existe pas  14/9/26

Histoire, géographie et identités des cinématographies d'Europe centrale, orientale, balte, balkanique et caucasienne

Cette première séance introduit le cours en interrogeant la notion même de « cinéma de l'Est ». L'expression est historiquement liée à la Guerre froide et tend à donner l'impression qu'il existerait une cinématographie homogène correspondant à un espace géographique et politique unique. Or, les pays d'Europe centrale et orientale présentent des histoires, des langues, des traditions artistiques et des systèmes de production profondément différents.
La séance permettra donc de distinguer les différentes aires étudiées pendant le semestre : Europe centrale, Balkans, pays baltes, Caucase, Ukraine et Russie.
On reviendra sur les différents empires — austro-hongrois, ottoman, russe puis soviétique — qui ont contribué à façonner les cultures cinématographiques de la région.
La Seconde Guerre mondiale, la domination soviétique, la Guerre froide et les transformations politiques de 1989 constituent également des moments essentiels pour comprendre cette histoire.
Il s'agira surtout de montrer que les frontières politiques ne correspondent pas nécessairement aux frontières culturelles ou cinématographiques.


La séance introduira ainsi les notions de cinéma national, cinéma transnational, coproduction, circulation des artistes et transferts culturels.
Une attention particulière sera accordée à la manière dont les cinémas de la région ont été regardés et catégorisés depuis la France et l'Europe occidentale.
Enfin, les premières minutes du cours pourront être consacrées à la présentation pratique du semestre : organisation des CM et TD, modalités d'évaluation, bibliographie, filmographie, ressources disponibles à Paris, plateformes, cinémathèques et festivals.
L'objectif est que les étudiants comprennent dès le départ que le cours ne cherche pas à raconter une histoire unique du « cinéma de l'Est », mais à reconstruire une histoire plurielle, connectée et transnationale.

 


CM 2 — Écoles, studios et transmission des savoirs 21/9/26

Comment fabrique-t-on un cinéma ?

Cette séance s'intéresse aux institutions qui ont rendu possible le développement des cinématographies de la région.
Elle commence par les débuts du cinéma en Russie et par l'importance des avant-gardes soviétiques dans l'histoire mondiale du langage cinématographique.
Les théories du montage, notamment celles associées à Eisenstein, Vertov ou Koulechov, permettent de comprendre pourquoi l'Union soviétique devient rapidement un laboratoire majeur de réflexion sur le cinéma.
Le cours étudiera ensuite les grandes écoles qui ont formé plusieurs générations de cinéastes.
Le VGIK à Moscou, la FAMU à Prague, l'école de cinéma de Łódź et les formations cinématographiques de Budapest constituent quatre exemples particulièrement importants.
On cherchera à comprendre ce que ces écoles transmettent : des techniques, mais aussi une culture professionnelle, des réseaux, des références artistiques et parfois une conception politique du cinéma.
La seconde partie de la séance sera consacrée aux studios de production, qui jouent un rôle aussi important que les écoles.
Seront notamment étudiés Barrandov, Mosfilm, les studios Dovjenko et Odessa, Zlín, Zagreb Film, Buftea ou encore les studios liés à l'expérience hongroise de Korda.
Le studio sera analysé comme un espace ambivalent : il constitue à la fois une structure industrielle permettant de produire des films et un instrument de contrôle politique et économique.
La séance permettra également d'aborder la question des relations entre formation, production, État et professionnalisation.


CM 3 — Cinémas d'Europe centrale et orientale, 1945-1960    28/9/26

Reconstruction, réalisme socialiste et mémoire

Cette séance commence avec la rupture provoquée par la Seconde Guerre mondiale.
Les industries cinématographiques de nombreux pays de la région doivent être reconstruites dans un contexte de destructions, de changements politiques et de déplacement des frontières.
Après 1945, l'installation de régimes communistes transforme profondément les structures de production, de financement et de diffusion des films.
Le cinéma devient progressivement un secteur fortement organisé et contrôlé par les États.
Le réalisme socialiste est alors présenté comme une doctrine esthétique et idéologique privilégiée.
Le cours cherchera cependant à éviter l'idée d'un cinéma entièrement uniforme ou dépourvu de créativité pendant cette période.
Les cinéastes développent progressivement des stratégies permettant d'introduire des ambiguïtés, des personnages complexes et des représentations moins conformes au modèle officiel.
La question de la représentation de la guerre et de la Shoah occupera une place importante dans la séance.
Des œuvres comme La Dernière Étape, Le Miroir aux alouettes, Dita Saxová, L'Incinérateur de cadavres ou Quand passent les cigognes permettront d'étudier différentes manières de représenter la violence historique.
On examinera également les différences entre mémoire officielle, mémoire individuelle et mémoire traumatique.
La séance permettra enfin de comprendre comment les années 1950 préparent progressivement les transformations esthétiques et politiques qui vont conduire au Dégel et aux nouvelles vagues des années 1960.


CM 4 — Le cinéma d'animation en Europe centrale et orientale   5/10/26

Un laboratoire artistique mondial

L'animation occupe une place exceptionnelle dans l'histoire des cinématographies d'Europe centrale et orientale.
Elle constitue souvent un espace de liberté artistique plus important que le cinéma en prises de vues réelles.
La séance commencera par les premières expérimentations qui montrent que l'animation peut être à la fois une technique, une forme artistique et un laboratoire de narration.
Une attention particulière sera portée à des figures comme Jiří Trnka, Karel Zeman et Hermína Týrlová.
Le cours abordera ensuite des artistes comme Břetislav Pojar, Jan Švankmajer, Youri Norstein, Walerian Borowczyk, Jan Lenica et Marcell Jankovics.
Leurs œuvres permettent de montrer la diversité des techniques utilisées : marionnettes, objets, collage, peinture, animation en volume ou combinaison de différentes techniques.
L'animation permet également d'aborder des sujets politiques, philosophiques ou existentiels qui peuvent être difficiles à représenter directement.
On étudiera donc les relations entre animation, censure, métaphore et imagination.
La séance montrera aussi que l'animation d'Europe centrale et orientale a largement circulé dans les festivals internationaux et a acquis une reconnaissance artistique mondiale.
La dernière partie permettra de faire le lien avec les générations contemporaines, notamment Anca Damian, Michaela Pavlátová, Signe Baumane et Gints Zilbalodis.
Flow, réalisé par Zilbalodis et récompensé par l'Oscar du meilleur film d'animation en 2025, pourra servir de point de départ pour interroger la continuité entre cette tradition historique et les formes contemporaines.


CM 5 — Le Dégel et les nouvelles vagues en Europe centrale et orientale  12/10/26

1956-1975 : déstalinisation, liberté artistique et nouveaux langages

Cette séance étudie le bouleversement culturel provoqué par la déstalinisation après 1956.
La période voit apparaître dans plusieurs pays des formes nouvelles de cinéma qui rompent avec les conventions narratives et idéologiques du réalisme socialiste.
La Pologne occupe une place centrale avec l'émergence de ce que l'on appelle l'École polonaise.
Des réalisateurs comme Andrzej Wajda et Jerzy Skolimowski développent des formes de cinéma marquées par la mémoire de la guerre, l'individualité des personnages et une forte recherche esthétique.
La séance s'étendra ensuite à la Hongrie, à la Yougoslavie, à l'Union soviétique et à l'Ukraine.
Miklós Jancsó, István Szabó, Otar Iosseliani, Sergueï Paradjanov et Andreï Tarkovski permettront de montrer que les renouvellements esthétiques ne prennent pas partout la même forme.
Il sera important de distinguer la notion de Nouvelle Vague au sens strict des différentes expériences de « renouvellement » des cinématographies socialistes.
La circulation des cinéastes et des étudiants entre les écoles jouera également un rôle essentiel.
La séance reviendra notamment sur l'importance de l'École de Prague et sur les réalisateurs yougoslaves ayant étudié à la FAMU.
On pourra enfin évoquer des cinéastes moins souvent intégrés aux récits dominants, comme Binka Željazkova en Bulgarie, afin d'élargir la réflexion sur cette période.
L'objectif est de montrer que les années 1960 constituent un moment majeur de transformation du langage cinématographique européen, et non simplement une « exception » à l'intérieur du bloc socialiste.

 

 

 


CM 6 — La Nouvelle Vague tchécoslovaque, 1963-1969

Une révolution esthétique, politique et humaine 19/10/26

Cette séance est consacrée à l'un des mouvements les plus importants de l'histoire du cinéma européen.
La Nouvelle Vague tchécoslovaque apparaît au début des années 1960 dans un contexte de relative libéralisation culturelle.
Une grande partie de cette génération est issue de la FAMU, ce qui permet de faire le lien avec le CM consacré aux écoles de cinéma.
Miloš Forman, Jiří Menzel, Věra Chytilová, Jan Němec, Evald Schorm, Juraj Herz et Ester Krumbachová constituent les principales figures étudiées.
Le cours montrera la diversité de leurs approches plutôt que de les présenter comme un groupe esthétiquement homogène.
L'humour, l'absurde, la poésie, le réalisme quotidien et la critique sociale deviennent des outils permettant de contourner ou de déplacer les normes officielles.
On pourra analyser des œuvres comme Les Petites Marguerites, Les Amours d'une blonde, Trains étroitement surveillés ou Au feu les pompiers  afin de comparer les différentes formes de cette modernité cinématographique.
La séance abordera également la question de 1968 et de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie.
La normalisation qui suit entraîne la limitation de la liberté artistique, l'interdiction de certains films et le départ de plusieurs artistes.
La Nouvelle Vague tchécoslovaque sera ainsi étudiée comme un moment artistique, mais aussi comme une expérience historique dont les conséquences se prolongent dans l'exil et la dissidence.


CM 7 — Normalisation, dissidence et exil 2/11/26

Les cinéastes d'Europe centrale et orientale hors de leur pays

Cette séance aborde les années 1970 et la question de la normalisation politique et culturelle.
Après les espoirs de libéralisation des années 1960, plusieurs pays renforcent le contrôle exercé sur les artistes et les institutions culturelles.
Le cinéma devient alors un espace dans lequel la liberté artistique est négociée de manière différente selon les pays.
Certains cinéastes choisissent de rester et développent des stratégies de contournement, tandis que d'autres partent en exil.
Le cours étudiera les trajectoires de Roman Polanski, Miloš Forman, Andreï Tarkovski, Jerzy Skolimowski, Otar Iosseliani, Anginezska Holland et Jan Němec.
L'exil sera envisagé non seulement comme une conséquence politique, mais aussi comme une transformation profonde de la pratique cinématographique.
Changer de pays signifie souvent changer de langue, de système de production, de public et parfois même de genre cinématographique.
La trajectoire de Miloš Forman permettra notamment de réfléchir au passage d'un cinéma tchécoslovaque à une carrière internationale puis hollywoodienne.
On s'interrogera également sur ce qui est perdu et gagné lorsque les cinéastes quittent leur contexte national.
La séance permettra ainsi de remettre en cause l'idée selon laquelle un cinéaste serait nécessairement défini par son pays d'origine.
Elle introduira la notion de cinéma diasporique et transnational, qui sera utile pour comprendre la circulation internationale des artistes d'Europe centrale et orientale.

 


CM 8 — L'Europe centrale et orientale vue par le cinéma occidental 9/11/26

Construction des imaginaires, stéréotypes et représentations

Cette séance inverse le point de vue en étudiant non plus la manière dont les cinéastes de la région représentent leur propre espace, mais la manière dont le cinéma occidental le représente.
Depuis la Guerre froide, l'Europe centrale et orientale a souvent été associée à des images spécifiques.
Le rideau de fer, l'espionnage, le communisme, la mafia, les Balkans, la Russie ou encore le « Wild East » constituent autant d'imaginaires qui ont circulé dans le cinéma européen et hollywoodien.
On analysera la manière dont ces représentations sont construites par les décors, les personnages, les accents, les costumes et les récits.
La figure de l'agent secret, du dissident, du gangster ou du réfugié permettra notamment d'étudier les stéréotypes géopolitiques.
La séance cherchera cependant à distinguer les périodes et à montrer que les représentations évoluent après 1989.
La disparition du bloc soviétique ne signifie pas la disparition des clichés : certains sont simplement remplacés par de nouveaux imaginaires liés à la criminalité, aux migrations ou à la pauvreté.
On pourra également comparer les représentations occidentales avec les films réalisés par les cinéastes eux-mêmes.
La séance ouvrira enfin sur la question des adaptations littéraires et de la manière dont la littérature d'Europe centrale et orientale est transformée lorsqu'elle passe par des industries cinématographiques étrangères.

Adaptation littéraire : Quand la littérature rencontre le cinéma : Kafka, Kundera, Bulgakov…

 

 

 

 


CM 9 — Le cinéma contemporain d'Europe centrale et orientale 16/11/26

Mémoire, mondialisation et renaissance des cinématographies nationales

Cette séance est consacrée aux transformations des cinémas de la région après 1989.
La chute des régimes communistes entraîne une profonde restructuration des industries cinématographiques nationales.
Les studios sont transformés, les modes de financement évoluent et les cinéastes doivent progressivement trouver de nouveaux partenaires.
Dans le même temps, de nouvelles générations apparaissent et renouvellent les thèmes et les formes du cinéma régional.
Le cours étudiera notamment Paweł Pawlikowski, Béla Tarr, Ildikó Enyedi, Jasmila Žbanić, Petr Zelenka, Bohdan Slama, Irena Pavlásková et Agnieszka Holland.
Une attention particulière sera accordée à la Nouvelle Vague roumaine, notamment à Cristian Mungiu et Radu Jude.
La mémoire du communisme, les transformations sociales, les migrations et les identités nationales deviennent des thèmes essentiels.
Le cours montrera également que le cinéma contemporain de la région est de moins en moins compréhensible uniquement à l'intérieur des frontières nationales.
Les coproductions européennes, les festivals, les fonds internationaux et les réseaux professionnels jouent un rôle déterminant dans le financement et la circulation des œuvres.
On pourra donc suivre le parcours d'un film contemporain depuis son développement jusqu'à sa sélection en festival puis sa distribution internationale.
Cette séance prépare directement le CM suivant consacré aux femmes cinéastes et le CM consacré à l'intégration des industries de la région dans l'espace audiovisuel européen.


 

CM 10 — Femmes cinéastes en Europe centrale, orientale, balte et balkanique  23/11/26

Histoire, esthétique, résistances et nouvelles générations

Cette séance propose de relire l'histoire des cinématographies de la région à partir des trajectoires des femmes cinéastes.
Elle part du constat que les récits traditionnels de l'histoire du cinéma ont longtemps accordé une place disproportionnée aux réalisateurs masculins.
Wanda Jakubowska, Hermína Týrlová, Věra Chytilová, Márta Mészáros et Ester Krumbachová permettent de revenir sur les générations pionnières et modernes.
La séance montrera que les femmes ne constituent pas une catégorie esthétique homogène et qu'il faut éviter de réduire leurs œuvres à la seule question du genre.
Leurs films permettent néanmoins de renouveler certaines questions liées au corps, à la famille, au travail, à la sexualité, à la violence ou à la place des femmes dans la société.
La génération contemporaine sera représentée notamment par Agnieszka Holland, Małgorzata Szumowska, Michaela Pavlátová, Signe Baumane, Jasmila Žbanić et Maryna Er Gorbach.
On pourra également intégrer des cinéastes plus jeunes comme Zuzana Kirchnerová, Anna Hint ou Iryna Tsilyk.
La séance permettra de réfléchir aux conditions concrètes de production des films réalisés par des femmes.
Elle abordera également la question de la reconnaissance internationale, des festivals et des mécanismes de légitimation.
Il sera intéressant de comparer les trajectoires nationales et internationales de ces réalisatrices.
L'objectif final est donc moins de créer une « histoire parallèle des femmes » que de réécrire l'histoire générale des cinématographies de la région en y réintégrant pleinement les femmes qui en ont été des actrices majeures.


CM 11 — L'intégration dans l'espace audiovisuel européen 30/11/26

Programmes européens, réseaux professionnels et circulation des œuvres, 1990-2025

Cette séance aborde le cinéma sous un angle davantage économique, institutionnel et professionnel.
La chute du communisme oblige les industries cinématographiques de la région à reconstruire leurs modèles de financement et de production.
L'intégration européenne transforme progressivement les conditions de circulation des films et des professionnels.
Les étudiants découvriront le fonctionnement de programmes et d'institutions comme Europe Créative MEDIA, Eurimages, Europa Cinemas et European Film Promotion.
On étudiera également les marchés du film, les ateliers de coproduction, les festivals et les réseaux professionnels.
L'objectif est de montrer qu'un film européen contemporain ne se construit généralement plus uniquement à l'intérieur d'un cadre national.
La coproduction permet de réunir plusieurs sources de financement et plusieurs territoires de production et de circulation.
Mais elle peut également influencer l'écriture du film, son casting, ses lieux de tournage et sa stratégie de distribution.
Une partie importante de la séance sera consacrée à la circulation des films d'Europe centrale et orientale en France.
On étudiera le rôle des distributeurs spécialisés, des festivals promotionnels, des salles d'art et essai et des réseaux culturels.
Les étudiants pourront reconstituer le parcours professionnel d'un film : développement → financement → coproduction → festival → ventes internationales → distribution française → salles → plateformes.
La séance permettra ainsi de comprendre concrètement comment les politiques culturelles européennes participent à la construction d'un marché et d'un espace audiovisuel commun.

 

 


CM 12 — Documentaire et cinéma ukrainien

Chapitre 1. Le documentaire en Europe centrale et orientale  7/12/26

Témoigner, résister, documenter : une autre histoire du réel

Durée : 45 minutes

Ce cours explore l’histoire du documentaire en Europe centrale, orientale et balte, en s’intéressant aux différentes manières de filmer, d’observer et d’interpréter le réel. Il aborde les relations entre documentaire, État, propagande et engagement, puis les nouvelles formes d’observation de la société apparues à partir des années 1960. Une attention particulière est portée à Krzysztof Kieślowski, Karel Vachek, Helena Třeštíková et Marcel Łoziński, ainsi qu’aux formes plus contemporaines du documentaire. La séance interroge également l’usage de l’humour, de la mise en scène et de l’ironie à travers Un rêve tchèque (Český sen, 2004) de Vít Klusák et Filip Remunda, ainsi que le rapport entre documentaire, histoire et mémoire chez Bartek Konopka. Les cinématographies baltes permettront d’élargir cette réflexion avec des réalisateurs comme Arūnas Matelis (Lituanie), Audrius Stonys (Lituanie), Dāvis Sīmanis (Lettonie) et Raimo Jõerand (Estonie), qui développent des approches personnelles du réel, de la mémoire et de l’histoire. Le cours abordera enfin le travail sur les archives, les témoignages, les images amateurs et les traces du passé, notamment après 1989. Le documentaire apparaît ainsi comme un espace où se rencontrent observation, critique sociale, mémoire et création, et où filmer le réel signifie toujours construire un point de vue.

Chapitre 2.  Le cinéma ukrainien : une histoire d’identité, de résistance et de renaissance (1896–2025)

Cinéma ukrainien : de l’héritage soviétique à l’affirmation d’une cinématographie nationale

Durée : 45 minutes

Le cours retrace l’histoire du cinéma ukrainien, des avant-gardes soviétiques à la création d’un cinéma national après l’indépendance de 1991. Il s’intéresse notamment à Oleksandr Dovjenko, Sergueï Paradjanov et Kira Mouratova, figures majeures de l’héritage cinématographique ukrainien. La période postérieure à 1991 est ensuite étudiée à travers l’émergence de nouvelles générations de cinéastes et l’affirmation de nouvelles représentations de l’Ukraine. Une attention particulière est portée aux films liés à Maïdan (2013-2014) et à la guerre depuis 2014, ainsi qu’au rôle du documentaire comme témoignage et forme de résistance. Le cours aborde notamment Sergueï Loznitsa, Myroslav Slaboshpytskiy, Valentyn Vasyanovych, Iryna Tsilyk et Maryina Er Gorbach. Il examine enfin la reconnaissance internationale du cinéma ukrainien, sa présence dans les festivals et les coproductions européennes, et la manière dont les cinéastes contemporains interrogent l’identité, la mémoire, le territoire et la guerre.

 


CM 13 — Les grands festivals de cinéma d'Europe centrale et orientale 14/12/26

Histoire, diplomatie culturelle et circulation des films

La dernière séance revient sur un élément devenu essentiel pour comprendre la visibilité internationale des cinématographies de la région : les festivals.
Les festivals ne sont pas seulement des lieux de projection, mais aussi des espaces de sélection, de légitimation, de rencontre professionnelle et de circulation des œuvres.
La séance présentera notamment Karlovy Vary, Varsovie, Wrocław, Tallinn Black Nights, Vilnius, Sarajevo, Sofia, Transilvania, Zagreb et Animafest.
Chaque festival sera replacé dans son contexte historique, géographique et institutionnel.
On étudiera la manière dont certains festivals ont contribué à construire une identité cinématographique nationale ou régionale.
La sélection d'un film peut constituer une première forme de reconnaissance internationale et faciliter ensuite son accès aux distributeurs et aux marchés.
Les prix jouent également un rôle important dans la construction de la valeur symbolique d'un film.
Les festivals sont par ailleurs devenus des lieux de rencontres entre réalisateurs, producteurs, distributeurs, vendeurs internationaux et institutions publiques.
Ils participent donc directement à l'économie contemporaine du cinéma européen.
La séance permettra également d'introduire la notion de diplomatie culturelle, puisque les festivals peuvent contribuer à l'image internationale d'un pays ou d'une ville.
Enfin, on examinera la relation entre festivals régionaux et grands festivals internationaux, notamment lorsqu'un film primé dans un festival d'Europe centrale ou orientale poursuit ensuite sa trajectoire vers Cannes, Berlin, Venise, les Oscars ou les réseaux de distribution européens.
Cette dernière séance permet ainsi de refermer la boucle du semestre : après avoir étudié comment les films sont produits, contrôlés, libérés, exportés, transformés et financés, on étudie finalement comment ils deviennent visibles et circulent dans l'espace international.


Chemin ROF:
/École histoire art et archéo Sorbonne/Licence 3ème année HAA parcours Histoire du cinéma/Semestre 5/UE Fondamentale/3 Matières à choix (CM+TD)/Cinématographies de l'Est
Chemin ROFid:
/03/UP1-PROG-03-L3C303-125/UP1-PROG-ELP-C303S525/UP1-C-ELP-C3A03125/UP1-C-ELP-C3030525/UP1-C-ELP-C3030125
Code Apogée: C3030125
Composante: École histoire art et archéo Sorbonne
Semestre: 5
Niveau: L3
Niveau LMDA: Licences
Niveau année: 3
Composition: Travaux Dirigés
Diplôme: Licence 3ème année HAA parcours Histoire du cinéma
Domaine ROF: [Archéologie, éthnologie, préhistoire]
Type ROF: [L3]
Nature ROF: [3]
Cycle ROF: [1]
Rythme ROF: [Initiale]
Langue: Français
Mention: Histoire de l'art et archéologie
Parcours: Histoire du cinéma
Approbateur proposé Id: 472386
Approbateur effectif Id: 472386
Date validation: mardi 15 septembre 2026, 22:05
Volume horaire CM: 19
Volume horaire TD: 19
Code APOGEE: C3030125
Intitulé matière: Cinématographies de l'Est
Plan du cours:

La logique générale du semestre

CM

Question centrale

Mouvement

1

De quoi parle-t-on quand on dit « cinéma de l'Est » ?

Définir

2

Comment se construit une cinématographie ?

Construire

3

Que devient le cinéma sous le contrôle de l'État ?

Contrôler

4

Où les artistes trouvent-ils des espaces de liberté ?

Expérimenter

5

Comment les cinémas se renouvellent-ils après 1956 ?

Libérer

6

Pourquoi la Nouvelle Vague tchécoslovaque est-elle singulière ?

Réinventer

7

Que produit l'exil sur les cinéastes et leurs œuvres ?

Partir

8

Comment « l'Est » est-il fabriqué par le regard occidental ?

Être représenté

9

Comment les cinémas se reconstruisent-ils après 1989 ?

Se réinventer

10

Comment réécrire l'histoire du cinéma en intégrant les femmes ?

Réécrire

11

Comment les films entrent-ils dans l'espace audiovisuel européen ?

S'intégrer / circuler

12

Comment le cinéma témoigne-t-il de l'histoire et des conflits ?

Témoigner

13

Comment les films deviennent-ils visibles internationalement ?

Circuler / être consacré

 

Contacts: Markéta Hodouskova : Marketa.Hodouskova@univ-paris1.fr

Accessibilité

Couleur de fond Couleur de fond

Police Police

Crénage de la police Crénage de la police

Visibilité de l’image Visibilité de l’image

Hauteur de ligne Hauteur de ligne

1.2

Surbrillance de lien Surbrillance de lien

Alignement du texte Alignement du texte

Taille de police Taille de police

1

Espacement des lettres Espacement des lettres

0

Couleur de texte Couleur de texte

Largeur de paragraphe Largeur de paragraphe

0