Se démarquant de ses prédécesseurs et de Socrate lui-même, Platon inaugure une façon de concevoir les questions autour du bien et de la vie bonne comme liées de manière inextricable aux questions se rapportant à ce qui existe et à la nature du réel. Ce qu’on appellera l’ontologie pose ainsi les bases de ce qui peut nous mener vers la connaissance puis la pratique du bien. Il faudra donc comprendre non seulement de quoi est constitué le réel mais aussi comment y accéder, et de quelle manière cette configuration ontologique détermine ce qu’est bien vivre. Nous lirons pour ce faire principalement la République de Platon, avec des extraits du Menon et du Sophiste.
Nous verrons comment chez Platon, la justice, le bien, la vie bonne et la vie heureuse pour soi et en société dépendent d’un changement radical de notre rapport au monde qui passe par la compréhension de sa structure ontologique. Nous entrerons en profondeur dans les argumentations dont nous testerons la solidité logique. Nous verrons dans le dernier quart du semestre comment l’exigence Platonicienne provoque des ondes de critique et de révolte qui sont à l’origine du développement des écoles antiques de la philosophie. A commencer par le meilleur élève de Platon, Aristote, nous verrons comment la rupture d’avec son maître se fait par la construction d’un nouveau système fondé sur une nouvelle ontologie, qui correspondra à une nouvelle façon de concevoir, et le bien et la vie bonne. C’est cette correspondance, entre une ontologie et la vision du bien qui en découle, qui est un des grands héritages de Platon, au-delà de la réponse complexe qu’il a apportée lui-même et qui reste percutante et pertinente jusqu’à nos jours.
- Enseignant éditeur: Bronowski Ada