En 2007, dans le livre Epistemic Injustice. Power and the Ethics of Knowledge, la philosophe Miranda Fricker créait le concept d’injustice épistémique pour désigner des injustices qui causent du tort au sujet en tant qu’agent épistémique, c’est-à-dire sujet engagé dans des pratiques de transmission et de production de savoir sur le monde. Elle distinguait en particulier l’injustice testimoniale, qui désigne un déficit indu de crédibilité et se traduit dans le fait que le sujet n’est pas cru par ceux auxquels il s’adresse, et l’injustice herméneutique, qui désigne un déficit indu d’intelligibilité et se traduit par l’impossibilité de décrire et de communiquer son expérience, faute de termes disponibles dans les ressources épistémiques partagées. Depuis 2007, l’approche de Fricker a fait l’objet d’un grand nombre de discussions et de prolongements, dans des travaux qui ont cherché à compléter la typologie des injustices épistémiques qu’elle avait élaborée, à mieux comprendre les processus sociaux qui les causent et à élaborer des réponses à même de les réduire ou de les abolir. L’enjeu de ce cours sera de présenter la théorie de Fricker, mais aussi d’examiner certains des travaux qui ont discuté et prolongé son travail, tels que ceux de Kristie Dotson, José Medina, Arianna Falbo, Nora Berenstain ou Amadine Catala.
- Enseignant éditeur: Garrau Marie