Ce cours part d’un constat simple : nous vivons dans un monde d’États (quelles qu’en soient les vicissitudes récentes) mais tous les États ne se ressemblent pas et surtout ils ne sont pas construits de la même manière. De là, l’objectif est de ce cours de L2 est de saisir les États comme entités évolutives de manière à mettre en évidence leurs formations, adaptations et transformations. L’approche comparative, ici privilégiée, a pour ambition de mettre l’accent sur les points communs et les différences susceptibles de montrer la diversité des fabriques étatiques.
Loin de suivre un chemin unique vers un modèle idéal, les trajectoires étatiques sont le produit de configurations historiques spécifiques, où se croisent capacités étatiques, structures sociales, contraintes internationales et pratiques des acteurs. Il s’agira dans ce cours de déconstruire l’évidence de l’État et de le considérer comme une forme d’organisation politique historiquement située. En ce sens, la notion de trajectoire est, ici, essentielle : elle permet de refuser l’idée d’un modèle unique vers lequel tous les États convergeraient mais aussi de refuser l’idée de pays « en retard » ou « en avance » (en filigrane, impossible de parler en termes d'État failli, etc.). Elle signifie que les États se construisent dans des contextes sociaux, économiques et internationaux différents, que les choix du passé pèsent sur le présent et que les trajectoires produisent des formes d’États durables mais non figées. Comparer les trajectoires ce n’est pas hiérarchiser mais expliquer des différences.
Ce cours va s’appuyer sur plusieurs grandes traditions de la sociologie historique et de la science politique, il aura pour ambition de les mettre en dialogue et non d’en choisir une au détriment des autres. Pour le dire autrement, il est structuré autour des travaux de Weber, Moore, Skocpol, Tilly, Badie, Scott, Bayart, etc. Il se déploieen trois grandes parties : la formation des États dans toute leur diversité, les relations Etats-sociétés et enfin, le choix est fait de saisir la trajectoire des États confrontés à la gestion du social.
- Enseignant éditeur: Boutaleb Assia