Quand on parle de la « solution politique » d’un conflit, on veut dire que l’on est parvenu, par la discussion et la négociation, à un cessez-le-feu. Le pouvoir politique est là pour régler les conflits et la vie de la collectivité autrement que par la violence (entendue comme forme extrême de contrainte et d’agression, c’est-à-dire d’usage de la force), par le droit du plus fort ou la guerre de tous contre tous. Sa légitimité et son autorité ne reposent pas sur la force. Pourtant, le pouvoir politique doit aussi, pour se faire respecter, disposer d’une certaine force, voire être habilité à faire usage de la violence dans certaines situations, par exemple par l’armée ou même certaines peines de justice : la force et la violence sont alors des moyens paradoxaux de maintenir la paix intérieure et l’obéissance des membres de la collectivité. L’efficacité de la force, pourtant redoutable, ne peut-elle pourtant être relativisée si l’on songe à la façon dont certains gouvernements violents ont pu être renversés dans l’histoire ? Dans cette résistance elle-même, la non-violence peut d’ailleurs apparaître comme un moyen non seulement aussi légitime, mais parfois plus efficace que la violence. Il s’agira donc non seulement de se demander si la force est au commencement, au fondement ou dans l’exercice du pouvoir politique, mais également d’interroger la portée politique réelle de la violence, comparée à d’autres moyens d’action, et de s’interroger sur les critères à l’aune desquels l’usage de la force en politique doit être jugée.
- Enseignant éditeur: Yuva Ayse
Acquérir la connaissance de textes fondamentaux de philosophie politique
S'entraîner à la dissertation et à l'explication de textes sur des sujets de philosophie politique et mobiliser toutes les compétences liées (capacité de problématisation, de compréhension et de construction d'une argumentation)
Pouvoir analyser les débats contemporains relatifs à l'usage de la force et à sa légitimité
L2 philosophie ou classe préparatoire littéraire
L'évaluation du contrôle continu se fera 1) par une dissertation sur table de 4h, dont la date sera fixée en concertation avec les étudiant(e)s. 2) par de petits exercices dont au moins un sera à rendre. Ils seront faits en classe.
A cela s'ajoutera l'examen de fin de semestre, où seront proposés au choix deux sujets de dissertation.