J3H01115 - UE Fondamentale - ;J3010315 - Histoire de la Grèce archaïque et classique - Cours magistral

Depuis le Ier siècle après J.-C., il est d’usage de désigner la religion grecque par le terme de polythéisme, terme inventé à l’époque pour souligner le contraste avec le monothéisme des Juifs. Dans le panorama général de l’histoire des religions, ce qui frappe l’observateur est la pluralité de l’organisation divine des Grecs. Les Grecs n’avaient pas de terme correspondant à notre mot « religion ». Ils parlaient plutôt d’eusèbéia, c’est à dire du soin des dieux. Le respect des mortels à l’égard des divinités n’était pas une affaire privée mais il était fondamental pour le fonctionnement de l’alliance entre mortels et immortels, autrement dit pour le fonctionnement social dans son ensemble. D’une certaine manière on peut dire que le contrat social était religieux.

L’historiographie de la religion grecque a considérablement évolué au cours de la seconde moitié du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Elle a mis en valeur à la fois les différentes représentations du divin (que l’on ne saurait réduire au seul anthropomorphisme) et les différentes échelles de l’appréhension du divin. Du panhellénisme à la cité, en passant par les groupes de parenté (familles, phratries), les Grecs superposent des échelons locaux, civiques et supra-civiques d’appropriation des divinités et de leurs mythes qui sont autant de prétextes aux reformulations des « personnalités » et des récits divins et héroïques. Les sanctuaires sont les lieux privilégiés des interactions avec le divin : qu’ils soient ouverts à tous ou réservés à une communauté, ils s’organisent selon des codes spatiaux et architecturaux qui deviennent la marque de l’hellénisme en Méditerranée : espace délimité, autel, temple, offrandes. L’espace du sanctuaire est saturé de mythes et de personnages surnaturels.

La religion antique est généralement décrite comme une religion ritualiste ; elle ne repose sur aucune Révélation ni Ecriture. Les rituels, qui permettent que se maintienne la prospérité de chacun et de la communauté, engagent des individus selon des modalités définies par les cités : la place qu’y tiennent les citoyens, les citoyennes, les étrangers et les esclaves est intéressante à mesurer. Elle révèle l’implication de chacun de ces individus dans l’équilibre civique et marque les différences et les hiérarchies, notamment au cours du banquet qui suit le sacrifice sanglant.

Si la religion crée le lien social, autant dire qu’elle comporte des enjeux politiques et économiques de première importance. Rompre le contrat en ne respectant pas les règles ou en contrevenant à son serment constitue une grave menace pour l’ensemble de la communauté. Les procès pour impiété témoignent des craintes qui entourent tout écart par rapport aux normes religieuses. Pour autant, les Grecs ne manquaient pas de tourner divinités et héros en ridicule : les comédies, l’iconographie des vases, montrent des personnages addicts au vin ou au sexe : la société divine, comme la société des mortels comportent des bouffons et des fous. Mais rire des dieux ne signifie pas oublier leur culte.

Ce sont à la fois les aspects de la représentation du divin et des manifestations du lien au divin (collectif, individuel) qui nous intéresseront cette année. Pour le premier aspect, nous envisagerons notamment la manière dont l’anthropomorphisme distingue des déesses et des dieux, des héros et des héroïnes, les puissances qui leur sont associées et les cultes qui leur sont rendus ; comment le temps des dieux se distingue de celui des humains ; comment l’âge héroïque interfère avec les deux sphères. Pour le second aspect, nous analyserons en particulier les interactions entre les statuts civiques et les relations instaurées avec le monde divin, en particulier en définissant les cadres sociaux de la piété et de l’impiété, en interrogeant la notion de croyance et de contrôle social, en posant la question de la possibilité ou non de l’athéisme.


Informations sur l'espace de cours

Nom Archive année 2018-2019 UE Fondamentale - Histoire grecque archaïque et classique. Religion et société dans le monde grec
Nom abrégé UP1-C-ELP-J3H01115-01 - Histoire grecque archaïque et classique. Religion et société dans le monde grec
Groupes utilisateurs inscrits Consultation des ressources, participation aux activités :
  • [2018] UFR 09 EHS - Matière (L3-S1) : Histoire de la Grèce archaïque et classique (groups-matiJ3010315-2018)
  • [2018] UFR 09 EHS - Matière (L3-S2) : Histoire de la Grèce archaïque et classique (groups-matiJ3010415-2018)
Consultation des ressources uniquement : No enrolled cohort.
État Créé par Violaine Sebillotte le 23/08/2018
Approuvé par Violaine Sebillotte le 23/08/2018

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Élément pédagogique UP1-C-ELP-J3H01115 -
Chemin complet > Année 2019-2020 > Paris 1 > UFR 09 : École d'histoire de la Sorbonne > UP1-PROG-09-L3J301-114 Référence cassée > UP1-PROG-ELP-J301S515 Référence cassée > UP1-C-ELP-J3H01115 Référence cassée
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Chemin complet > Année 2019-2020 > Paris 1 > UFR 09 : École d'histoire de la Sorbonne > UP1-PROG-09-L3J301-114 Référence cassée > UP1-PROG-ELP-J301S515 Référence cassée > UP1-C-ELP-J3H01115 Référence cassée > UP1-C-ELP-J3015115 Référence cassée > UP1-C-ELP-J3010315 Référence cassée