L5I31316 - Extraversions du gouvernement en Afrique - Cours magistral

Cet espace correspond au séminaire de M2 études africaines et relations internationales de Johanna Siméant.

Sur le continent africain comme ailleurs, on ne peut qu’être frappé par l’extraordinaire profusion de travaux sur le transnational, ramené, parfois hâtivement, à « la mondialisation » et qui serait, par exemple à l'origine de l’avènement supposé d’une société civile internationale. Il s'agit alors soit de démontrer la « déconnexion de l'Afrique », soit de souligner son extraordinaire dépendance à l'extérieur (dans le registre de l’ombre portée du colonialisme, du rôle de l’aide ou des interventionnismes militaro-humanitaires), soit encore d’évoquer des formes de déterritorialisation d'un pouvoir devenu « transnational ». C'est à l'examen des rapports matériels et symboliques multiples que le continent entretient, souvent sur son sol, avec l'extérieur que ce séminaire se consacrera, en mobilisant notamment la fructueuse réflexion de Jean-François Bayart sur le recours des dirigeants africains à l’extraversion, façon de penser le rapport de l’Afrique à l’international dans toute sa profondeur historique – et de penser le rapport actif des Africains à l’international.

Profondeur historique nécessaire car, dans le cas africain, aux questionnements sur l'accélération des circulations transnationales s'ajoute celle du legs colonial, contribuant à superposer plusieurs strates de rapports à l’international, chacune porteuse de leur histoire propre. Comment penser l’inscription internationale du continent africain, ce qu’elle produit et ce dont elle procède en matière de gouvernement ? Comment penser les formes de rapport à l’international qui procèdent de l’expérience coloniale sans les analyser à la seule aune du reflet ou de la reproduction de la situation coloniale ?

Cette question du gouvernement de l'Afrique ne devra pas être entendue dans une acception étroite, celle des dirigeants et de leurs rapports aux anciennes métropoles ou aux institutions multilatérales, par exemple. En effet, comment, par exemple, ne pas voir dans la prolifération internationale du registre de la société civile, et de l’injonction à l’avènement ou au renforcement des sociétés civiles du « Sud » (notamment) un signe que cette dernière fonctionne comme une véritable forme du gouvernement contemporain ? Comment, ce faisant, ne pas s’intéresser aux diverses ingénieries de la société civile : à la fois celles qui entendent la promouvoir et celles qui procèdent de la généralisation de la forme « projet » associée au secteur des ONG ? Cela permettrait aussi de comprendre ce que la société civile (comme registre et injonction) « fait à la protestation ». Prendre pour objet d’étude central l’extraordinaire valorisation du syntagme de la société civile, en Afrique comme ailleurs, cela consiste donc à envisager moins la société civile comme ce qui est « hors » l’État que ce qui est organiquement lié aux formes de gouvernement (une société civile qui, si elle est contre l’État, est décidément « tout contre » !).

Le propos du séminaire ne négligera cependant pas la question apparemment plus classique des organisations internationales présentes en Afrique afin d'en comprendre les effets politiques mais aussi de s'en servir comme nœud à partir duquel saisir les intrications entre le « local » et l’« international » et les ressorts sociaux de l'internationalisation du continent: l'international ne « flottant pas dans les airs », c'est à partir de leur incarnation (les professionnels internationaux), de leur production (leur travail), mais aussi leurs effets concrets sur les villes africaines que nous tenterons de réfléchir sur la façon de saisir l'international.

Le séminaire entendra enfin analyser la façon dont ce qui fait lien à l’extérieur (dette, ressources extractives, migration, questions de meurs…) est aussi ce qui donne des prises à la critique, et offre, dans l’asymétrie, les moyens d’un affrontement moral avec le Nord.

Informations sur l'espace de cours

Nom Archive année 2017-2018 Extraversions du gouvernement en Afrique
Nom abrégé UP1-C-ELP-L5I31316-01
Groupes utilisateurs inscrits Consultation des ressources, participation aux activités :
  • [2017] MIL502 - Master 2 Indifférencié Relations internationales (diploma-MIL502-2017)
  • [2017] MIL503 - Master 2 Indifférencié Etudes africaines (diploma-MIL503-2017)
Consultation des ressources uniquement : No enrolled cohort.
État Créé par Alexa Gallo le 13/09/2017
Approuvé par Alexa Gallo le 15/09/2017

Rattachements à l'offre de formation

Élément pédagogique UP1-C-ELP-L5I31316 - Extraversions du gouvernement en Afrique
Chemin complet > Année 2018-2019 > Paris 1 > UFR 11 : Science Politique > Master 2 Indifférencié Etudes africaines > Semestre 3 > UE1 Semestre 3 > 5 cours à choisir > Extraversions du gouvernement en Afrique