Le
cours « Crise et répartition » présente aux étudiants une histoire de
la macroéconomie centrée sur la question des crises et de la répartition.
L’accent est mis sur la façon dont la notion de crise, issue de l’économie
politique du 19ième siècle, est transformée dans le langage de la
macroéconomie qui émerge à partir des années 1930. L’importance fluctuante de
la question de la répartition est aussi discutée. Le cours aborde d’abord la
naissance de la macroéconomie. Il revient sur l’apport de Keynes en relation
avec ces contributions trop souvent négligées des économètres, notamment Frisch
et Kalecki. La seconde partie traite de l’essor de la synthèse néoclassique ou
de la macroéconomie keynésienne qui s’impose dans les années 1950 et 1960 et de
la façon dont la question des crises cède le pas à celle de la croissance
économique. La troisième partie aborde les mutations de la macroéconomie à
partir des années 1970, dans un contexte marqué par la crise dite « stagflationniste ».
Ces mutations ont été multiples et ont joué un rôle décisif dans la
formation de la macroéconomie moderne : 1) la prise en compte progressive des
limites de la croissance et de l’épuisement des ressources naturelles à la
suite du rapport Meadows ; 2) la volonté de préciser plus systématiquement
les fondements microéconomiques de la macroéconomie ; 3) la volonté d’encadrer
la définition des politiques économiques par des règles, conduisant notamment
au principe d’indépendance des banques centrales. Le cours pose la question de
la spécificité de la macroéconomie au regard la science économique et de son
histoire. Il s’intéresse aussi à la diversité des points de vue orthodoxes et
hétérodoxes, classique, keynésien, post-keynésien ou régulationiste.