À partir d’une lecture de Ainsi parlait Zarathoustra, nous interrogerons les liens entre la critique nietzschéenne du langage et le choix d’une forme poétique, pensée non comme ornement mais comme réponse à l’effondrement des catégories métaphysiques traditionnelles. Cette réflexion s’inscrira dans le sillage d’une histoire moderne de la métaphore et visera à situer Nietzsche au croisement de la poésie et de la philosophie du langage. La poésie y apparaît non comme échappée lyrique, mais comme puissance critique et affirmative, capable de penser autrement les rapports entre langage et vérité. Pourtant, si l’on s’accorde communément à reconnaître, dans le choix nietzschéen d’un style poétique et fragmentaire, l’indice d’une mise en question des prétentions totalisantes de la métaphysique systématique, reste à interroger, en retour, ce que la poésie engage de métaphysique. La question se pose alors : peut-on inscrire Nietzsche dans la lignée des « poètes métaphysiques », entendus non comme doctrinaires de l’Être, mais comme explorateurs des conditions mêmes de sa mise en forme sensible et symbolique ?
- Enseignant éditeur: Marquer Eric