Définie par Saint Thomas d’Aquin comme l’adéquation de la chose et de l’intellect - adæquatio rei et intellectus -, la vérité apparaît comme une relation entre deux termes entretenant un rapport d’extériorité, à savoir la pensée et autre chose qu’elle-même. Lieu d’une réconciliation possible entre le logos et l’être déterminé, l’activité philosophique serait donc celle qui cherche à cheminer vers le vrai, ce cheminement étant toujours solidaire des ombres que la vérité porte telles l’illusion, l’erreur, le mensonge ou encore l’apparence. Nous nous demanderons donc s’il est possible pour le philosophe d’accéder à cette conformité de la pensée à la chose telle qu’elle est, ou si cette conformité ne reste pas celle de la pensée avec elle-même à travers l’objet qu’elle s’est construit dans un cadre spatio-temporel défini. Ce premier questionnement nous conduira par la suite à nous intéresser à la valeur de la vérité, en nous interrogeant sur les rapports de concurrence ou de solidarité qu’elle entretient avec d’autres valeurs pouvant être par exemple l’utile, le beau ou encore le vital. Ce cours ne restreindra enfin pas la question de la vérité uniquement à celle de la possibilité et des limites de la connaissance, notre intention étant de nous interroger sur l’existence d’une « vérité-expérience », c’est-à-dire d’une vérité non scientifique pouvant être soustraite à toute tentative de quantification ou d’objectivation.
- Enseignant éditeur: Galland Charlotte