K1010119 - Philosophie générale S1 - Travaux Dirigés

L’humanité connaît des changements historiques, mais peut-on dire pour autant qu’elle soit en progrès, et celui-ci doit-il être conçu comme un processus unifié et linéaire ? L’idée de « Progrès », au singulier, que l’on attribue un peu hâtivement au siècle des Lumières, alors qu’elle a été surtout théorisée au XIXe siècle, n’a cessé d’être critiquée depuis. Certes, ainsi que Kant le notait lui-même, l’observation de l’humanité pourrait faire douter que celle-ci avance vraiment vers un mieux. Le premier problème concerne la portée des avancées techniques : certains contempteurs des progrès et innovations techniques ne pensent pas que ceux-ci puissent apporter autre chose qu’un bien-être matériel accru, ou un sentiment fallacieux de toute-puissance. On peut d’ailleurs se demander si le progrès dans les différents domaines de l’activité humaine dépend réellement de la volonté humaine. Il n’est pas sûr que les progrès dans les connaissances et techniques, et a fortiori la simple croissance économique, nous rendent plus libres, plus heureux, ou plus moraux. Toutefois, et c’est là un second problème, l’idée de progrès moral ou politique peut à son tour être critiquée ; elle expose au reproche d’ethnocentrisme, qui consiste à évaluer les mœurs et institutions des autres sociétés à l’aune des nôtres, qui sont alors jugées plus ou moins en retard par rapport à cette norme. Il est nécessaire, pour dépasser ce reproche, de penser les conditions d’une communication qui permette à certaines normes de progrès de circuler entre différentes sociétés. Le but de ce cours est de partir des critiques contemporaines de l’idée de progrès pour présenter de façon plus nuancée la façon dont celui-ci a été théorisé et pensé depuis le XVIIIe siècle, à travers quelques textes fondamentaux. Il s’agira par exemple d’établir des distinctions entre les notions de progrès, d’évolution, de développement, de perfectibilité ou de perfectionnement. L’idée d’un progrès moral, d’une évolution vers plus de justice, voire plus de bonheur, ne suppose pas nécessairement une vision linéaire, et encore moins ethnocentrique de l’évolution humaine. Il reste alors à se demander comment se forment, historiquement, les normes à l’aune desquelles on juge qu’un changement est un progrès.


Informations sur l'espace de cours

Nom Philosophie générale S1 - Les progrès de l'humanité
Nom abrégé UP1-C-ELP-K1010119-19 - Les progrès de l'humanité
EnseignantsYuva Ayse Safak
Groupes utilisateurs inscrits Consultation des ressources, participation aux activités :
  • [2021] Groupe pédagogique : Philosophie générale S1 - TD04 A (MERCREDI 14H-16H SALLE B1308) (groups-gpelp.48135-2021)
Consultation des ressources uniquement : aucune cohorte inscrite.

Rattachements à l'offre de formation

Élément pédagogique UP1-C-ELP-K1010119 - Philosophie générale S1
Chemin complet > Année 2021-2022 > Paris 1 > Philosophie > Licence 1è-2è année Philosophie générale & parc. Humanités > Semestre 1 > U.E Fondamentale S1 > Philosophie générale S1