Présentation générale
Résumé de section
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Meles Zenawi, dirigeant du Tigrean People's Liberation Front (TPLF) et futur premier ministre de l'Ethiopie, écrit dans le maquis pendant la guerre de Libération contre le régime du Derg (1974-1991) Source: TPLF, Musée de Mekelle.
FABRIQUE DES IDÉES POLITIQUES EN AFRIQUE (FIPAf)
VENDREDIS 13H-16H
CENTRE PANTHEON
SALLE 420
Ce séminaire vise à mieux comprendre la manière dont sont produits, diffusés et reçus les savoirs et les imaginaires politiques depuis le continent africain au 20e et au 21e siècle. Tout en prenant les idées et leur potentiel normatif au sérieux, il repose sur une approche d’histoire sociale des idées politiques, afin de saisir ce que ces dernières, leur succès ou leur invisibilisation, doivent au social et au politique. Le séminaire accorde en sus une large place à la sociologie de la circulation transnationale des idées afin de penser à la fois des singularités de contexte mais également des points de contact et des similarités avec des pratiques de pensée et des concepts issus d’ailleurs dans le monde, notamment entre l’Afrique, les mondes arabes et le Moyen Orient (Egypte et Palestine en particulier), l'Asie (Inde, Chine), l'Europe et les Amériques. Nous travaillerons ces idées à partir d’objets classiques (discours, programmes de partis politiques, débats parlementaires, ouvrages de dirigeants politiques, presse, débats universitaires) mais aussi plus inattendus (dessins de presse, pièces de théâtre, émissions de radio, chants, contes, marginalia, prêches, cartes, débats de rue, slogans dans des manifestations, tracts, expositions, musées, catalogues, graffiti) en nous intéressant en particulier aux circulations entre tous ces genres et ces supports; à la question du genre; à la question de la matérialité du processus de production/diffusion/réception des idées et à son impact sur leur contenu. En sus de lectures académiques, nous travaillerons collectivement sur des matériaux directement, ainsi que sur des biographies de producteurs/trices et diffuseur.e.s d’idées, connu.es ou non.
Parmi les thématiques que nous aborderons: les productions et le statut des intellectuels dans les contextes dits ‘précoloniaux’, l’histoire de la presse, de son importation missionnaire et coloniale à ses réappropriations multiples, l’histoire des universités et de leur ambivalence entre hégémonie culturelle coloniale et creusets d’une pensée émancipatrice, les penseurs de la décolonisation sur les campus, des années 1950 au mouvement ‘Rhodes must fall’ (Zaïre, Kenya, Ouganda, Afrique du Sud) et l’impact des ajustements structurels sur la recherche et le débat public, l’histoire des ondes officielles et des radios anti coloniales (Egypte 1950-1960), le rôle politique des dramaturges et des cinéastes (Guinée, Sénégal, Ouganda, Afrique du Sud) en lien avec les pensées socialistes et nationalistes, les circulations dites ‘de l’Atlantique noir’ entre le mouvement des droits civiques aux USA, les Caraïbes et l’Afrique, le mouvement de la négritude et sa critique, la production d’idées dans des contextes de violence armée (Ethiopie, Afrique du Sud), les liens entre idées politiques et idées religieuses, la pensée socialiste et ses critiques sur le continent (Tanzanie), les liens entre idées politiques et autoritarisme, et enfin les conférences nationales et les élaborations d’imaginaires singuliers de la démocratie des années 1990 à aujourd’hui.
Cette année est quelque peu exceptionnelle pour notre séminaire, du fait de la tenue, à partir du 17 septembre, d'un ensemble d'évènements en Sorbonne liés aux 70 ans du Premier Congrès des artistes et écrivains noirs, organisé par la revue Présence africaine, et qui s'est tenu dans notre université le 19 septembre 1956. À cette occasion, un colloque est organisé le 18 septembre à l'amphithéâtre Descartes, c'est à dire la même salle où s'est tenu le colloque originel, auquel ont participé des penseurs aussi importants qu'Aimé Césaire, James Baldwin, Frantz Fanon, Amadou Hampâté Bâ, Jacques Alexis, etc. Une double exposition a également lieu au centre Panthéon, l'une revenant sur l'histoire du Congrès, et l'autre accueillant des artistes contemporains africains qui reprennent le flambeau des thématiques abordées lors du Congrès (le racisme, la décolonisation politique et intellectuelle) et s'interrogent sur ce qu'il en est aujourd'hui.

Les étudiants sont grandement encouragé.es à venir assister au vernissage de la double exposition le 17 septembre au soir, et au colloque du 18 septembre. Le 25 septembre sur le créneau de notre séminaire, nous aurons la chance de pouvoir visiter l'exposition avec sa curatrice, Tamandra Geny.
Pour vous préparer, vous trouverez des références ci-dessous, en sus de la lecture obligatoire qui revient également sur cette histoire dans une perspective d'étude du genre.
Organisation du travail et mode d'évaluation
Une lecture obligatoire doit être faite de manière approfondie, active et critique, le stylo et le stabilo à la main, ou, si vous travaillez sur écran, en surlignant le PDF et en prenant des notes. Les étudiant.es doivent être en mesure de décrire et de situer l'approche développée par l'auteur/trice, ce que le texte permet d'apprendre sur le fond (sur tel phénomène, telle époque, tel lieu, tel groupe social, telle dynamique politique et culturelle) ainsi que ses enseignements en termes de méthode (quelles sources, quel traitement de ces dernières, quelles limites...).
L'assiduité et la participation des étudiant.es aux discussions en séminaire est absolument obligatoire.
Il n'y a pas de rattrapage prévu en M2.
À partir de la séance 3, les étudiant.es présenteront, en petit groupe, le résultat d'une recherche sur l'un des sujets ci-dessous. Il s'agit véritablement de co-animer la séance avec l'enseignante. L'un des enjeux sera bien sûr d'identifier de la documentation et de la bibliographie pertinentes pour ensuite travailler collectivement sur l'étude de cas, mais aussi d'être à même de soulever les enjeux sociologiques plus larges identifiables via l'étude de cas.
Par ailleurs, l’équipe devra sélectionner un document ressource à partager avec le reste de la classe (article de presse, extrait de discours d’un acteur/trice du conflit, courte vidéo) qui devra servir de base à une discussion avec le reste de la classe.
Cette présentation ne devra pas excéder 30 minutes. Elle devra être vivante, animée, faite avec notes MAIS SANS LES LIRE. En sus de la qualité de la recherche et de l'analyse, ce sont aussi les capacités d'animation de la séance qui seront évaluées.
En sus des réunions de préparation entre étudiant.es, ce travail fera l'objet d'une réunion de préparation d'une heure environ, par zoom, avec l'enseignante, une semaine avant. La participation à ce moment de préparation est OBLIGATOIRE pour tous les membres de l'équipe. Il s'agira de faire le point sur vos lectures, l'avancée de vos réflexions, et de vous donner des conseils sur le fond comme sur la forme.
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