Université Paris 1, 2026-2027
Licence 3, S2, lundi 11h-14h, salle Halbwachs, Sorbonne.
Philosophie de la psychologie
Enseignant : Max Kistler
Nous retraçons quelques étapes de la réflexion du 20e siècle sur la nature de l’esprit et des phénomènes mentaux, dans leur rapport avec le cerveau. Il s’agit de comprendre l’articulation entre les phénomènes étudiés par la psychologie scientifique et accessibles à l’intuition en première personne et les phénomènes cérébraux sous-jacents étudiés par les neurosciences. Pour comprendre cette articulation nous partons des concepts de réduction inter-théorique et de « survenance ». Nous examinons les obstacles conceptuels qui semblent s’opposer à l’intégration du domaine de la cognition dans les sciences de la nature, notamment la conscience phénoménale et l’intentionnalité. Puis nous examinons différentes tentatives « naturalistes » de surmonter ces obstacles, notamment : le béhaviorisme logique ; la théorie de l'identité selon laquelle les états mentaux sont identiques à des états du cerveau ; l'éliminativisme qui soutient que tout le système conceptuel des états mentaux est désuet et voué à disparaître au profit d'une conception neuro-scientifique ; le fonctionnalisme qui conçoit les états mentaux grâce à l'analogie avec la machine manipulant des symboles qu'est l'ordinateur.
Bibliographie
- Michael Esfeld, La philosophie de l'esprit, A. Colin, 2005.
- Jaegwon Kim, Philosophy of Mind, Boulder (Colorado), Westview Press, 1996/2006; trad. Philosophie de l’esprit, Paris, Editions d’Ithaque, 2008.
- Paul M. Churchland, Matter and Consciousness, revised ed, Cambridge (MA), MIT Press, 1988 ; trad. Matière et conscience, Champ-Vallon, 1999.
- Max Kistler, L’esprit matériel. Réduction et émergence, Paris : Ithaque, 2016 ; 2e édition, Paris : Eliott, 2023 ; version anglaise : The Material Mind, BSPS Open, Calgary University Press, 2025. https://press.ucalgary.ca/books/9781773856063/
- Enseignant éditeur: Kistler Maximilian
Licence 2 philosophie 2026/27
Epistémologie (S1)
Jeudi
Max KISTLER
Résumé
Nous aborderons dans ce cours quelques concepts et problèmes fondamentaux de la philosophie des sciences. Nous étudierons les concepts d’hypothèse, de théorie et d’explication scientifique pour répondre à des questions telles que : est-il possible d’obtenir la connaissance des lois de la nature, à partir d’un nombre fini d’observations et d’expériences ? Y a-t-il une méthode de la découverte scientifique ? Est-ce la même chose que d’expliquer un phénomène de manière scientifique et d’en découvrir les causes ? Est-ce que les théories scientifiques nous donnent accès à la structure de la réalité ou ne sont-elles que des instruments utiles pour prédire les phénomènes ? Les théories auxquelles nous adhérons influencent-elles ce que nos observons ? L’expérience fournit-elle un fondement certain à la connaissance scientifique ?
Bibliographie générale
· Carl Hempel, Eléments d'épistémologie, A. Colin, 1972. (éd. originale Philosophy of Natural Science, Prentice Hall, 1966).
· Anouk Barberousse, Max Kistler, Pascal Ludwig, La philosophie des sciences au XXe siècle, Flammarion, Collection Champs Université, 2000.
· Anouk Barberousse, Denis Bonnay et Mikael Cozic, Précis de philosophie des sciences, Vuibert 2011.
- Enseignant éditeur: Kistler Maximilian
L1S1 Mardi 10h30-12h30
La philosophie est préoccupée par la question du jugement à un double titre : sur le plan théorique, elle analyse ce qu’est juger ; sur le plan pratique, un des objectifs importants de l’enseignement de la philosophie est de permettre de bien juger. Mais comment former le jugement, s’il n’existe pas de recettes ou techniques pour bien juger ?
La question du jugement est présente dans diverses parties de la philosophie que le cours propose de visiter. Il peut surtout s’agir :
‑ du jugement comme opération de l’esprit et acte de parole (cela concerne les articulations entre le psychologique, le logique et le linguistique),
‑ du jugement évaluatif (notamment moral ou esthétique),
- du jugement comme le terme d’une délibération (notamment dans le droit et la politique) et spécialement du jugement judiciaire.
Dans nos interactions sociales quotidiennes (directes ou médiatisées), nous « jugeons » beaucoup, mais jugeons-nous bien ?
- Enseignant éditeur: Jaffro Laurent
TPLE Allemand Licence 1 et 2, S1, 2026-27
Max Kistler
mercredi 16h30-18h30
Né en Allemagne en 1902, émigré en France en 1933 puis aux Etats-Unis en 1936, Günther Anders développe une anthropologie philosophique à partir d’une réflexion sur la transformation de l’humain dans la société contemporaine structurée par la technologie et la marchandisation. Anders, militant contre les armes nucléaires et la guerre du Vietnam, analyse la condition de l’homme à l’ère de la technologie omniprésente et toute puissante, en partant d’Auschwitz et d’Hiroshima. Face aux produits technologiques, l’homme contemporain éprouve la « honte prométhéenne », concept développé dans la 1ère partie du 1er vol. de L’obsolescence de l’homme, de ne pas être à la hauteur de ses propres produits. Les moyens techniques de plus en plus puissants tendent à éclipser la réflexion sur les fins, mais aussi à transformer les humains eux-mêmes en moyens. Dans un style d’essai qu’il caractérise lui-même de « philosophie occasionnelle » (Gelegenheitsphilosophie), Anders analyse notamment la condition de l’homme spectateur de la télévision, et explique pourquoi nous sommes incapables de prendre la mesure des conséquences de l’usage de nos outils technologiques. Ainsi Anders observe qu’Adolf Eichmann, l’architecte de la Shoah, organise le meurtre à l’échelle industrielle sans se le représenter : « Ce que nous pouvons faire désormais (et ce que nous faisons donc effectivement) est plus grand que ce dont nous pouvons nous faire une image » (G.A., Nous, fils d’Eichmann, Paris : Payot & Rivages, 2003, p. 52).
Nous traduirons et commenterons des extraits des 2 volumes de L’obsolescence de l’homme, sur l’arrière-plan de l’anthropologie philosophique d’une part et de la philosophie de la technique d’autre part.
Indications bibliographiques
· Günther Anders, Die Antiquiertheit des Menschen, vol 1 : Über die Seele im Zeitalter der zweiten industriellen Revolution, Munich: C.H. Beck, 1956 (L'Obsolescence de l'homme, t. 1 : Sur l'âme à l'époque de la deuxième révolution industrielle, trad. Christophe David, Paris : Editions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2002).
· Die Antiquiertheit des Menschen, vol. 2 : Über die Zerstörung des Lebens im Zeitalter der dritten industriellen Revolution, Munich: C.H. Beck, 1980 (L'Obsolescence de l'homme, t. 2 : Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle, trad. Christophe David, Paris, Éditions Fario, 2012).
· Konrad Paul Liessmann, Günther Anders. Munich : C.H. Beck, 2002.
- Enseignant éditeur: Kistler Maximilian